Matt Charland

Matt Charland

Je carbure à la rareté, à l’interdit, aux accès restreints. Ma première caméra, j’ai travaillé pour! J’ai passé des journaux dans le quartier pour qu’enfin, mes chums et moi, on ait une caméra pour faire des vidéos de skate et de snow. On a usé les mêmes cinq cassettes jusqu’à ce qu’elles soient toutes barbouillées. J’ai encore les vieux VHS avec les images de qualité discutable (pour ne pas dire médiocre). Ça reste des souvenirs incroyables. Les histoires derrière les images, c’est ça le plus important.

Matt Charland

Réalisateur

Quand j’étais jeune, je voulais faire tous les métiers : plombier, DJ, guide, cuisinier, whatever! Maintenant, avec la photo et la vidéo, j’ai la chance de visiter plein d’univers différents : athlètes professionnels, pilotes d’avion à Dubaï, artistes de cirque, chefs cuisiniers, groupes de musique… Mon trip, c’est de trouver la beauté dans toutes ces personnes-là, parfois pour quelques minutes, parfois pendant des semaines.

Même si je ne suis pas juste un gars de plein air, j’ai toujours aimé ça, jouer dehors. J’aime les extrêmes, dans tous les aspects de ma vie, et les voyages en font partie. C’est ce qui me pousse à avoir une approche plus près du documentaire.

Je me retrouve souvent parachuté parmi une gang d’inconnus, à l’autre bout du monde. J’ai la chance de me faire facilement des amis, les personnes que j’accompagne sont toujours des passionnés et on a une mission commune, donc on connecte vite. Généralement, je fais tout : photo, vidéo, réalisation, direction photo, montage. Quand je suis à l’autre bout du monde et que la shot est difficile à obtenir, c’est là que je performe le mieux. Je suis dans mon élément quand je ne le suis pas.

La preuve : des réalisateurs ultra connus comme Spike Jonze ont filmé des vidéos avec des téléphones intelligents. Si tu as une ligne directrice qui est super forte, tu peux filmer avec n’importe quoi et ça peut être fantastique. Personnellement, comme spectateur, quand je tombe sur une vidéo et que le sujet est incroyable, ça peut être shooté en VHS et je n’ai aucun problème avec ça.

Aujourd’hui, avec Internet et les plateformes de partage de vidéos, on n’est plus très impressionnés par les paysages et les images de drones. Ça ne suffit plus pour être différent parce que tout le monde le fait. L’essentiel, à mes yeux, ça reste l’histoire qu’on raconte. L’idée de ton projet est 1 000 fois plus forte que l’image. La qualité des images et le côté technique restent importants, mais c’est secondaire. Il faut que ton vidéo, ton film, ton documentaire ou ta publicité ait une colonne vertébrale, un angle intéressant, une histoire inspirante.

Ces histoires-là, il faut quand même aller les chercher. Quand je pars en tournage, c’est extrêmement intensif et les attentes sont élevées, surtout quand on va dans des lieux de tournage magnifiques. Là, par exemple, je m‘en vais dans l’Ouest canadien avec une production de télé brésilienne pour faire un tournage de ski en hélicoptère. Encore une fois, ça ne sera pas reposant, mais je ne vais pas m’ennuyer!

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