Marissa Plamondon-Lu

Marissa Plamondon-Lu

Il faut être très forte pour se faire une place dans l’industrie, surtout quand tu es une femme, mais ça ne m’a jamais fait peur.Je faisais du vélo tout l’hiver, tous les jours, 365 jours par année. Neige, pluie, grêle, verglas, I don’t care!

Marissa Plamondon-Lu

Bikurious

J’ai toujours trouvé qu’au Québec, on est tellement choyés, il y a des routes magnifiques. Ce n’est pas aussi adapté que des villes comme Portland ou Copenhague, mais on n’est pas à plaindre. À Montréal, je peux aller partout en vélo, été comme hiver. Sans compter tous les beaux circuits aux alentours. Aller à la plage d’Oka ou sur le P’tit train du Nord en été, y’a rien de mieux. Surtout quand il y a une p’tite bière ou une crème glacée après.

Bikurious, mon bike shop, c’est pas un endroit ordinaire. On était dans le Village avant de déménager dans le Quartier Latin l’an dernier. Ce sont des quartiers qui attirent vraiment tous les types de clientèles : des mamans avec leurs enfants, des étudiants, des livreurs à vélo un peu weird, des athlètes qui font de la compétition. Toutes ces personnes-là ont une chose en commun : ils ont un vélo et ils l’utilisent.

Notre mandat est le même : engager le plus de femmes possible et encourager la présence des membres de la communauté LGBTQ et des femmes et dans le cyclisme.

C’est en changement, mais l’univers du vélo a toujours été dominé par des hommes. Avec le temps, les femmes se taillent tranquillement une place. Je le remarque dans mes compétitions de cyclo-cross. Il y a quelques années, on était deux ou trois. Maintenant, il y a trois catégories féminines et des dizaines et des dizaines de femmes à la ligne de départ. Je crois pouvoir dire que j’y ai contribué à ma façon.

Il faut être très forte pour se faire une place dans l’industrie, surtout quand tu es une femme, mais ça ne m’a jamais fait peur. Je ne me laisse pas facilement intimider. Il y a souvent des clients qui vont m’obstiner davantage que si j’étais un homme. C’est encore le cas, même si c’est moi la boss, que j’ai de l’huile sur les mains et que ça fait 10 ans que je fais ça.

Je ne peux pas changer le sexisme qui existe, mais je peux choisir comment ça va m’affecter. J’ai toujours un boost de confiance quand je me dis : j’ai ma formation de mécanique, j’ai parti ma business, j’ai du succès dans un domaine d’hommes, je crée des emplois et je vis de ma passion.

Ça peut être difficile ou frustrant par moments, mais quand on y pense on se dit « notre travail est crazy, but whatever! » On deal avec toutes sortes de personnes, mais on répare leur vélo, c’est pas comme si on a besoin de les réparer eux, you know!

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