Cirque Alfonse

Cirque Alfonse

On disait toujours : « Dans ce show-là, on ne triche pas! » C’est des vraies haches et des vraies scies. Aiguisées. On a passé trois mois à monter Timber, notre premier spectacle, dans la grange familiale qu’on avait transformée en salle de répétition. C’est aussi ce spectacle-là qui nous a fait connaître au Québec, et avec lequel on a voyagé à travers le monde pendant cinq ans. C’était le début du volet « professionnel » du Cirque Alfonse. On dit « professionnel » parce que ce n’était ni notre premier spectacle ni notre premier projet familial. Le Cirque Alfonse est le fruit d’une longue épopée familiale.

Cirque Alfonse

Cirque Troupe

Pour la petite histoire, mon frère Antoine a étudié à l’École nationale de cirque et a fait partie de plusieurs troupes de cirque, dont le Cirque Éloize, Les 7 Doigts et le Cirque du Soleil, avec lesquelles il a parcouru le monde pendant plusieurs années. Pour ma part, j’ai étudié en danse contemporaine. L’univers du spectacle, de la musique et de la danse a toujours fait partie de notre enfance et de l’histoire familiale. La première fois qu’on a travaillé ensemble mon frère et moi, accompagnés de nos conjoints et autres membres de la famille, c’était pour un spectacle en l’honneur des 60 ans de notre père. C’était un petit spectacle qu’on a fait sous un chapiteau dans notre village, à Lanaudière. La réponse a été bonne, on l’a refait à quelques reprises avant de se lancer dans la production de notre premier spectacle en tant que troupe professionnelle.

Même si on a un style assez unique, c’est extrêmement important pour nous de nous renouveler. Quand est venu le temps de monter notre dernier spectacle, on avait déjà exploré toutes les disciplines dans lesquelles on était à l’aise dans les shows précédents. Il nous fallait une nouvelle approche, de nouveaux numéros. On s’inspire beaucoup de nos voyages, des autres shows qu’on voit. Par exemple, dans un spectacle en Australie, on a vu un numéro où des acrobates tenaient une perche sur leur épaule, et d’autres acrobates étaient en équilibre dessus. On a trouvé ça cool, donc au moment de monter le nouveau show, on l’a essayé.

Deux semaines avant la première, on n’avait toujours pas maîtrisé le numéro. Avec aussi peu de temps, on n’avait plus le choix que ça fonctionne. On a enlevé les harnais de sécurité et on a foncé. Après nos deux mois de travail acharné, on a finalement réussi à temps. On le fait maintenant à toutes les représentations. Il faut qu’on repousse constamment nos limites et qu’on prenne des risques. Le cirque sans risque, ce n’est plus du cirque.

Note rythme de vie peut paraître assez fou : on revient tout juste d’Australie, on est au Québec pour quelques semaines seulement avant de s’envoler pour la France, l’Italie et Édimbourg, en Écosse. On va ensuite au Mexique avant de revenir pour des représentations au Québec à l’automne. Ça a l’air épuisant, mais c’est notre mode de vie. On est une troupe tissée serrée, avec nos amis, nos parents, nos enfants. C’est un grand trip de famille autour du monde, même si notre coeur ne quitte jamais Saint-Alphonse.

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