Clément Jacques

Auteur-compositeur interprète
Montréal

La bête de scène va sortir, c’est inévitable! Je suis toujours stressé avant de monter sur scène ou en commençant un spectacle. Je ne sais pas toujours de quoi vont avoir l’air la scène, la salle, la crowd. Encore aujourd’hui, il y a des gérants de salles qui me bookent en ayant juste entendu mon nom ou une de mes tounes à la radio, sans connaître le vrai Clément Jacques. Il y a aussi du monde abonné à des salles qui vient me voir sans connaître ma musique. Eux autres, ils restent surpris!

« À un moment donné, j’ai tout lâché, les études et tout le reste, pour me consacrer à fond à ma carrière de musicien. »


Parce que même si j’essaie de m’adapter au public et à l’ambiance de la salle, la bête de scène va sortir. C’est inévitable. Y’a pas juste des ballades et des mots doux sur mes albums, le public a besoin de se faire brasser un peu.

Il faut savoir que mes premiers amours, c’est le rock et le punk. Au secondaire, mes amis et moi on avait tous des bands. On écoutait du Pennywise et on jouait du Red Hot Chili Peppers, c’est ça qu’on trouvait hot. Après ça, j’ai étudié en musique au Cégep d’Alma et à l’Université Laval, tout ça en continuant de faire des petits shows à gauche et à droite. À ce moment-là mon répertoire était un peu plus doux, plus folk.

À un moment donné, j’ai tout lâché, les études et tout le reste, pour me consacrer à fond à ma carrière de musicien. Depuis ce temps-là, j’ai jamais arrêté de faire en alternance des albums et des shows. Je dis ça, mais je continue, encore aujourd’hui, à avoir d’autres jobs en parallèle. J’ai un atelier d’ébénisterie et j’aide souvent des chums quand ils ont des jobs manuelles. Ça me garde zen de travailler de mes mains. J’ai besoin de cet équilibre-là quelque part au fond de moi.

« On rit ensemble, on fête fort ensemble, on est cernés ensemble. »

Après quatre albums, pas mal de route et pas mal de shows, je réalise que ça fait un bon bout que je roule ma bosse. Malgré tout, s’il y a une chose dont je ne me tannerai jamais, c’est les tournées. Quand on passe autant de temps ensemble, à faire de la route dans une van, on se synchronise sur tout, autant sur scène que dans nos jokes (que personne d’autre ne comprend d’ailleurs). On rit ensemble, on fête fort ensemble, on est cernés ensemble. Tout ça, de ville en ville et durant des semaines de temps… y’a quelque chose de magique là-dedans.

Ça me fait penser à un show dont je vais me souvenir toute ma vie. Après pas mal d’heures de route, on s’est fait embarquer sur un petit bateau qui nous a emmenés sur une petite île au large. On savait qu’on avait un show, mais on savait pas à quoi s’attendre. Arrivés sur l’île, dehors, au pied d’un grand phare sur le bord de la plage, il y avait une foule d’environ 70 personnes qui nous attendait. On a fait notre show, en version super intime. C’était tellement spectaculaire, mais tellement familial en même temps.

On ne mène pas une vie de rock star, mais on a du fun. Pis des histoires à dormir debout, il y en a tellement que j’ai de la misère à m’en souvenir d’une en particulier. C’est bizarre de revenir dans le train-train quotidien, ça prend quelques jours pour se mettre au même rythme que le « vrai » monde.

« J’essaie de préparer des paroles, avoir quelques chansons en tête, mais la magie opère vraiment dans le studio. »

Même si la route et les shows c’est un mode de vie incroyable, y’a aussi l’appel du bois qui va toujours rester en moi. C’est dans mes veines. Je suis né au Saguenay et j’y retourne souvent pour voir mes chums. On va faire de la trail dans le bois, on travaille sur nos chars, on rit. Je suis pas quelqu’un de vraiment compliqué.

C’est pas mal la même chose quand on enregistre. J’aime ça partir dans un camp de chasse sur le bord d’un lac avec les gars du band. Pas d’électricité, pas d’eau courante. Juste une génératrice, une glacière et pas mal de bière. That’s it. J’essaie de préparer des paroles, avoir quelques chansons en tête, mais la magie opère vraiment dans le studio. Au moment d’enregistrer, c’est là que l’inspiration arrive. Tout d’un coup.

Même si le côté business, les radios, les galas, les entrevues, les magazines, c’est pas mon bout préféré, c’est nécessaire. Moi, au final, tout ce que je veux, c’est partir en tournée, enregistrer mes albums, pis faire des shows pour le monde!

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